Une aventure en canot, le camping sauvage et les Perséides du mois d’août sont pour moi la définition du tout-inclus.
Le canot est une des meilleures façons de pénétrer dans la forêt profonde. À travers les lacs, les rivières et les méandres, ma pagaie caresse l’eau douce, un coup à la fois. La vitesse de croisière permet d’observer et de s’imprégner des alentours. En serpentant, on rencontre l’ourse noire qui s’abreuve. Un peu plus loin, un orignal nous observe, maître silencieux d’une forêt mêlant sapins et bouleaux blancs. À pied, on contourne un barrage de castors et on traverse l’ancien territoire en portage à la recherche du prochain lac qui nous montrera le chemin. Le canot sur la tête, accompagné de quelques mouches noires, un vieux chemin d’épinette défile le temps de franchir les mètres, voir les kilomètres avant de remettre notre embarcation à l’eau.
Il y a énormément d’histoires autour du canot. Avec leurs embarcations en écorce, les peuples des Premières Nations remontaient les rivières pour retrouver leurs territoires pendant l’hiver. Ils apportaient avec eux tout le nécessaire pour survivre et chasser. Les hommes transportaient le canot sur leur tête pendant plusieurs jours et les femmes transportaient les provisions et les bagages. Un sac de peau rempli de farine ne pouvait prendre l’humidité; alors, les jours de pluie, il fallait user de patience.
Les hommes chassaient et il était crucial de conserver la viande. Rien n’était perdu. La conservation au sel fait partie des méthodes ancestrales.
Le gravlax de bison sur un pain bannique est pour moi une belle façon d’écrire une histoire dans une assiette. En camping, je cuis la bannique sur une branche d’arbre, et en cuisine, j’opte pour la poêle en fonte qui lui donne une belle coloration.
Raconter les histoires sert à ne pas oublier. M’inspirer des Premières Nations pour le choix de mes ingrédients donne du sens à mon chemin de cuisinier.




